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 The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)

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Jason Voorhees


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MessageSujet: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 3 Mar 2011 - 2:49


The Skin I Live In(2011)

Réalisé par Pedro Almodovar
Écrit par Pedro Almodovar
Avec Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Eduard Fernández, Blanca Suárez, Fernando Cayo

BANDE- ANNONCE:


SYNOPSIS

L'histoire de la vengeance d'un chirurgien esthétique contre l'homme qui a violé sa fille. Certaines personnes abusent sans aucun scrupule de leur immense pouvoir, il y en a d’autres dont l’unique pouvoir réside en leur extraordinaire capacité à lutter pour survivre. La Piel que Habito raconte le choc entre deux de ces individus : le puissant qui abuse et le survivant qui résiste.


SORTIE: Prochainement(Québec) Prochainement(France)

Exito-Mètre: 4.5/5

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Zabou
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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 3 Mar 2011 - 10:36

Intéressant celui ci d'autant plus que le casting est alléchant!

_________________

"La première fois que je l'ai vu il y a 15 ans de cela on m'a dit que cet enfant n'avait plus ni raison ni conscience, qu'il ne réagissait plus aux choses les plus rudimentaires comme la vie ou la mort, le bien et le mal, le vrai et le faux. J'ai vu cet enfant de 6 ans au visage mort, pâle où ne se peignait aucune émotion avec d'immenses yeux noirs, les yeux du malin."Dr Loomis
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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 3 Mar 2011 - 12:58

C'est une 1ère incursion dans le genre pour Pedro Almodovar ça ?? ...
... Sinon oui ça peut être intéressant !
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Jason Voorhees


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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 3 Mar 2011 - 19:10

Citation :
C'est une 1ère incursion dans le genre pour Pedro Almodovar ça ?? ...

Oui !

Et c'est ça qui va être intéressant !
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Jason Voorhees


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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Mer 22 Fév 2012 - 15:12

C'est un film immense, du même niveau que Parle avec elle et La Mauvaise éducation (très sous estimé lui aussi à sa sortie...) et sans doute même supérieur à tous ce qu'Almodovar a pu offrir jusqu'ici... ce qui n'est pas peu dire...

Un film d'une profondeur et d'une richesse thématique étourdissante (presque insondable...) doublé d'une œuvre d'une perfection formelle inattaquable.
Et il s'agit sans doute là de son œuvre la plus personnelle, voir la plus intime, du VRAI Almodovar, 100% pur jus, et non des moindres... (On est d'ailleurs totalement dans la lignée thématique et/ou formelle de La Loi du désir, Parle avec elle, En chair et en os et La mauvaise éducation...)

Formellement, il ne peut échapper qu'un jeu s'opère dans la géométrie rigide des figures du carré, du rectangle (cadres des peintures, lamelles, télévisions...), du polygone (la ruche, les lampes du bloc opératoire...), ou du cube (le labo...) et celles plus souples et irrégulières des corps ou de certains objets qui tranche avec cette rigidité.

Cette recherche formelle trouve sa source évidente dans l'art (très présent dans le film au travers notamment du Titien et de Louise Bourgeois) et dans son histoire... (Le film entre d'ailleurs étrangement en résonance avec Melancholia de ce point de vue...)

Je trouve que ce jeu entre la géométrie, le nombre d'or, le cercle dans le carré ou dans le rectangle, du cadre des peintures comme des écrans de surveillance ou de télévision qui s'opposent sans cesse aux ellipses des luminaires et aux courbes des corps offre un travail formel éblouissant... Sans doute un des plus époustouflants de toute sa carrière...
Et qu'il est en parfaite résonance avec les thématiques du film, loin donc d'être un simple exercice de style...

La meilleure démonstration de ses recherches se trouvant dans L'Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, sensé représenter l'homme et le corps dans ses plus parfaites proportions, une certaine idée de la perfection inscrite et issue de l'interpénétration du cercle et du carré...
La géométrie du cube, du carré ou du rectangle est sans cesse cassée par les ovales des luminaires, les cercles des globules rouges ou les gouttes de sang sur les lamelles rectangulaires, des courbes des nus du Titien dans leurs cadres à celle de Vera Cruz sur la canapé ou dans l'écran de télé, des bouchons de flacons dans le réfrigérateur ou des coupelles de culture de peau dans le cube de verre du labo...

En chair et en os était déjà entièrement construit sur la figure du cercle et de la spirale, y compris dans son scénario... Ici le cercle, la courbe et l'ovale s'inscrivent dans ou s'opposent au cadre, à l'écran, au cube, au canapé, etc... Et c'est visuellement sublime !

Mais le film n'est pas qu'un exercice formel... et la richesse, la profondeur, la diversité et la modernité de ses thématiques le rendent absolument passionnant et qui sont en symbiose totale avec la forme très pensée de cet objet filmique et narratif non identifié.

A commencer par la Piel du titre et la confrontation des peaux dans le film... entre cette peau artificielle, comme photoshopée de Elana Anaya et les peaux réelles de Jan Cornet (pores, poils, crasse...), les cicatrices courbes et la tache circulaire du cul du Tigre, et les rides de Marisa Paredes et Antonio Banderas est aussi subtile que passionnante dans la thématique du temps comme de l'époque que développe le film.

Car le film interroge non seulement le temps, dans sa narration même, du temps "réel", du futur (le film se passe en 2012), du flashback et du "retour au présent" de manière extrêmement audacieuse d'un strict point de vue narratif (peut-être déconcertant pour certains...)...

Mais il interroge aussi l'époque en plus du temps... les syndromes de notre époque moderne (le vieillissement, la peau retouchée, lissée, tendue, effacée, la chirurgie esthétique...), la négation du corps, de ses faiblesses, ses odeurs, sa crasse et sa déliquescence, les organes sexuels, digestifs ou respiratoires (Cet incroyable aspirateur à la fois bouche, intestin et orifice...),la question du genre sexuel, des mutations génétiques, de l'eugénisme et de la bioéthique, du travail du corps et de ses mutations musculaires, le yoga, de la sculpture des tissus et des muscles pour les greffes...(L'art, encore...)

La question de l'hérédité aussi (Marisa Paredes :"je porte la folie dans mes entrailles") ou de la filiation (La mère de Vicente, la fille de Robert...)
Et évidemment du corps maison, du corps prison... évoqué par les références constantes à Louise Bourgeois... Et qui donne son titre au film: La Piel QUE HABITO....

Jusqu'au détail du vêtement comme peau et de la peau comme vêtement, du visage et du masque...

Et au bout de tout ça, de l'art comme seul salut... comme l'écrit Vera sur le mur de sa chambre prison...

A ce propos, on retrouve à nouveau la référence à Louise Bourgeois dans l'émouvante phrase de remerciement qui lui est dédiée discrètement au générique de fin.

Bref, une richesse thématique qui file le vertige, comme me le disait très justement Fab Randanne... et qu'il est regrettable de réduire à de simples références à Franju, Cronenberg, Tourneur, Hitchcock ou Frankenstein qui ne sont que de petits clins d'oeil, à mon sens...)
J'ai du le voir deux fois dans la même journée tant il m'avait impressionné, ébloui et depuis il n'a pas fini de me hanter...

Et je sais avec une certitude inébranlable qu'il est un film absolument inusable qui gagnera à chaque nouvelle vision...

Il serait injuste de traiter du film sans évoquer ses acteurs:

Pour leurs retrouvailles, c'est un comeback de luxe qu'offre Almodovar à celui qui fut un de ses acteurs fétiches d'autrefois. Quel personnage fascinant il interprète ici et comme il est à la fois inquiétant et fragile, cruel et sexy, vieillissant et beau. Un rôle magnifique pour un acteur dont on avait presque oublié à quel point il pouvait être grand et dans un chef d’œuvre en prime. Que pouvait-il et que pouvait-on rêver de mieux... ?
Une autre collaboration avec Almo ?!

Déjà aperçue et repérée un peu partout dans des rôles moins importants ou moins marquant Elena Anaya offre dans La Piel que habito une performance sensible autant que physique tout à fait étonnante. Un personnage extraordinairement complexe de créature "génétiquement" modifiée recluse dans un corps prison. Admirable !

Marisa Paredes est plus géniale que jamais dans ce rôle bien plus beau et fort qu'il n'en a l'air au premier abord... Une femme qui "porte la folie dans ses entrailles"...

Quand à Jan Cornet dont le rôle est assez court à l'écran mais dont ceux qui ont vu le film savent combien son personnage est central et en quelque scènes, ce tout petit bonhomme en impose grandement... Il est inoubliable !

Bref, La Piel que habito est à mon humble avis un chef d’œuvre des plus importants de l'histoire du cinéma... Je n'ai pas peur de le dire...
Et je tombe chaque fois sur le cul quand j'entends parler de film mineur ou de brillant mais creux et froid exercice de style. C'est pour moi un des films les plus intelligents et personnels du cinéaste... Et le meilleur film de l'année que quiconque aura du mal à détrôner...

MA palme d'or cannoise (Grand prix à Melancholia et Prix de la mise en scène à Pater, pour ceux que ça intéresserait, c'est à dire personne lol)

En conclusion il convient de dire deux mots de l'extraordinaire nouvelle collaboration d'Almodovar avec Alberto Iglesias pour la musique du film. Un nouveau chef d'oeuvre.

5
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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 15 Mar 2012 - 9:05

Selon certains amateurs du cinéma d'horreur qui l'ont vu, le film serait un croisement entre The Human Centipede et Les 7 Jours du Talion (que Zabou a critiqué avec passions Wink)

Je ne sais pas pour la France, mais depuis une semaine, le film est sorti en dvd.

Je devrais voir ça bientôt et offrir mon avis sur le sujet Wink
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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 15 Mar 2012 - 9:16

Honnêtement j'adore The Human centipede et Les 7 jours du talion mais La Piel que habito n'a rien à voir ni avec l'un ni avec l'autre... ça reste du pur Almodovar...
C'est sans doute plus hitcockien qu'autre chose, avec une très vague référence à Les yeux sans visage de Franju.
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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 15 Mar 2012 - 10:39

J'avais pas vu ton avis foxart, je prépare la mise en ligne!!!
Encore plus pressée de découvrir le film maintenant

_________________

"La première fois que je l'ai vu il y a 15 ans de cela on m'a dit que cet enfant n'avait plus ni raison ni conscience, qu'il ne réagissait plus aux choses les plus rudimentaires comme la vie ou la mort, le bien et le mal, le vrai et le faux. J'ai vu cet enfant de 6 ans au visage mort, pâle où ne se peignait aucune émotion avec d'immenses yeux noirs, les yeux du malin."Dr Loomis
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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Jeu 15 Mar 2012 - 10:48

Le seul VRAI chef d’œuvre de 2011... Mais un film bizarre et exigeant, qui n'a pas su convaincre... Et qui n'a obtenu aucun prix, nulle part, ce qui est proprement incroyable
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Jason Voorhees


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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Lun 19 Mar 2012 - 15:29


Alors que le cinéma d’horreur change de peau pour aboutir vers des résultats de plus en plus étranges, il vit à-travers des hybridations débridées qui laisseront toujours perplexe certaines personnes qui n’auront que les anciens codes du genre vu comme « politiquement correct ». Seulement, où se situe la limite vers la ligne droite pour dire qu’un film d’horreur hybride n’en est pas un ? C’est sur cette question qu’il sera difficile de répondre pour The Skin I Live In, un thriller poignant qui signe admirablement le 20ème film de Pedro Almodovar (Volver, Broken Embraces). Le cinéaste aura fait un malheur auprès des spectateurs grâce à la « gimmick » de son histoire qui avait le don de rendre mal-à-l’aise… ce qui est compréhensif ! Le choque semble avoir été si fort que l’ignorance s’est fait sentir dans les festivals où il a été projeté (incluant le Festival de Cannes) et cette hybridation du cinéma d’horreur n’a eu aucunes nominations ou de prix lors des oscars de ce début d’année … un dégoût de la part des juges ? Je n’en doute guère ! Un coup d’éclat choquant qui n’aurait aucunement déplut au summum des films organiques des années 70/80 : David Cronenberg. Parce que oui, aussi choquées soient vos capacités extrasensorielles, la version 80’s du manitou organique aurait aimé avoir un tel scénario entre ses mains !!!

Adapté du roman Mygale de Thierry Jonquet, La Piel Que Habito raconte l’histoire de Robert Ledgard, un brillant chirurgien-plasticien de Toledo, en Espagne, qui aurait réussi, en 2012, à créer une couche de peau parfaite et sensible. Ce procédé, bien qu’interdit, deviendra révolutionnaire dans les prochaines années. Grâce à son expérience très acclamée, il aura réussi à tester cette technologie sur sa nouvelle femme, Vera Cruz, qui subit très bien les effets secondaires de sa technologie. Malgré tout, Robert est très malheureux que ce processus n’est pas pu être un succès sur son ancienne femme, 12 ans plus tôt. Même si sa femme actuelle vit très bien les effets, elle doit rester continuellement à la maison, avec une prothèse en nylon sur le corps et séquestré dans une chambre à part. Malgré qu’il ne peut la toucher à cause des effets secondaires de sa peau, Robert a une attirance très féroce pour la femme qui partage son domicile. Dans une histoire secondaire, on apprendra que sa fille aura été violée et tuée par un jeune homme qui n’avait pas cette idée en tête, et que Robert l’aurait tué six ans plus tôt. Un peu plus tard, nous découvriront qui est réellement cette femme que Robert séquestre dans sa maison continuellement….

The Skin I Live In est déjà en commencent un film haut-de-gamme techniquement. Présentant un Aldomovar en forme et qui a un flair visuel comme on en voit très peu, l’homme a offert un grand nombre de films variés et son vécu se fait plus sentir que jamais dans La Piel Que Habito. L’expérience qu’Almodovar fait vivre à son spectateur est si parfaite visuellement qu’il serait difficile de trouvé une véritable faille dans la recette. À la fois sobre, grisâtre et coloré à certains moments, l’image qui ressort de l’effort de ce Pedro ne laissera personne indifférent. Mais ce qui aide réellement La Piel Que Habito à sortir des chantiers battus aux précipices élevés, c’est son scénario. S’inspirant du roman de Jonquet, Pedro et Agustin Almodovar se démarquent de par le côté viscéral qui saute aux yeux. L’adaptation de Mygale est loin d’être une partie de plaisir, pénétré dans cet univers demande un certain état d’esprit. Il n’y a rien de positif dans l’air, même le bonheur du personnage d’Antonio Banderas avec sa nouvelle femme semble cacher un secret pas du tout joyeux. C’est cette partie sombre qui aide La Piel Que Habito à être autre-chose que le drame psychologique banal qu’il aurait pu être. Le traitement d’Almodovar donne est réaliste et dépeint une expérience extrasensorielle qui se vit par tous les ports de la peau. À un tel point qu’il sera difficile à ceux qui le verront de sortir indemne d’un tel spectacle si professionnel et difficile à la fois.

Mais ce qui démarque aussi la pellicule d’Almodovar est le côté futuriste que l’œuvre véhicule dans son scénario. L’histoire se passe à notre époque (soit en 2012), mais présente tellement d’avancement technologique bluffant qu’il est difficile de toujours prendre au premier degré les situations illustrées. Ça ne devient pas nécessairement burlesque dans le traitement offert, mais puisque certains éléments (la peau que Robert réussit à créer) n’existent pas encore, le tout se matérialise d’une autre manière à l’écran, livrant une menace qui n’existe pas, mais la peur y est quand même. Mais outre ce côté futuriste bluffant, les scènes de flashbacks ont un impact sans mots, surtout celle impliquant la fille de Robert qui deviendra la proie d’un pervers. Les scènes sont très claires, très joyeuses et présentent une euphorie qu’on ne retrouvera nulle part ailleurs dans le long-métrage. Cette transition différente semble vouloir être un parfait croisement avec le tempérament changeant du personnage d’Antonio Banderas qui se veut en premier lieu bien gentil et heureux, mais qui deviendra, avec le temps, amer et aveuglé par la vengeance.

Pour son projet qui ressemble étrangement au film Les 7 Jours du Talion, Almodovar, qui l’a rendu célèbre au départ, décide de prendre l’acteur Espagnol Antonio Banderas qui gagne en popularité autant en Espagne qu’aux États-Unis. L’acteur était devenu l’ombre de lui-même depuis un moment, perdent son apparence au grand-écran, livrant simplement des présences en prêtent sa voix. Mais avec La Piel Que Habito, il revient en force, démontrant que sa longue absence physique n’était pas du tout lié à un essoufflement. Il est froid, avec des expressions absentes de réelles joies et avec un regard louche, qui ferait peur à n’importe qui. C’est le véritable sosie de Dieter Lasser (The Human Centipede (First Sequence))!! Pour lui tenir compagnie, Elena Anaya donne toute les émotions nécessaires pour qu’on croie à son rôle, autant avant que pendant la finale !! Pour tenir la grappe à raison, les rares apparitions de Jan Cornet sont un délice !! La distribution a aussi des seconds couteaux de premier ordre qui ne sont aucunement négligeables, dont une Marisa Paredes aussi froide que Banderas !! Paredas a une séquence assez intense avec son autre fils qui donnera une invasion domicile qui ne serait pas étrangère à Clockwork Orange. Du pur délice !!

Mais la vraie raison de découvrir le joyau de Pedro Almodovar se traduit tout simplement dans son troisième acte…. Il n’y a aucun mot pour décrire ce que le spectateur se prépare à découvrir. Un peu comme The Human Centipede ou Les 7 Jours du Talion, La Piel Que Habito présente un dernier acte où la violence, l’opération et la vengeance s’accouplent ensemble. Pour les plus sensibles de ce monde, la troisième partie sera difficile à avaler tellement elle présente un 360e degré qui ne sera pas visible à l’écran. David Cronenberg aurait été heureux de mettre ça en scène !! Le parcours est si dégoûtant psychologiquement que, comme dit plus haut, cela devient une expérience extrasensorielle qui se ressent par tous les ports de la peau. Une telle expérience est très immorale et avec la filmographie de Pedro Almodovar, on s’étonne qu’il ait voulu mettre une telle histoire en scène. La séquence finale demeure encore plus troublante de par la réaction qui suit la dernière demi-heure. Je dis bravo !!

Entre le cinéma de David Cronenberg, The Human Centipede, Les 7 Jours du Talion et le cinéma habituel d’Almodovar, The Skin I Live In se présente comme un excellent coup de circuit qui se termine par une douche froide très difficile (dans le bon sens du terme !!). C’est difficile de croire qu’un concept si original a été pris dans une ignorance totale. Je ne pense pas qu’on va découvrir une hybridation de films d’horreur plus puissante que The Skin I Live In, c’est certainement la chose la plus dégoûtante psychologiquement que j’aie vu dans ma courte vie de fan de films d’horreur. Une expérience troublante de cet acabit n’a pas de prix. Ce n’est définitivement pas un archétype !!

Note : 4.5/5
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MessageSujet: Re: The Skin I Live In (La Piel que Habito) (2011)   Aujourd'hui à 4:28

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